Centre de planning familial et de sexologie  d'Ixelles
Agrée par la commission communautaire française

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Les troubles alimentaires

 

La diététique.

 

« Elle se trouve au coeur de l'étonnante rencontre entre la médecine, la morale et le commerce avec, de plus, l'alibi du plaisir

La "diaita" désigne le régime de vie, non seulement l'alimentation, mais aussi les horaires, les habitudes, les règles que l'on se fixe pour conduire sa vie quotidienne. La diététique renverrait alors, hors de toute exigence médicale, moralisatrice ou commerciale, à tout ce que l'individu organise pour être au mieux avec lui-même et avec les autres. Ce serait là un autre nom, plus concret et moins sérieux, pour parler de l'éthique. »

 

 

Boulimie et Anorexie.                                                                                      

 

 

Rôle central de la nourriture à travers ses fonctions.

 

La nourriture, au travers des comportements alimentaires est un véritable langage par lequel s’exprime toute une société qui s’organise et qui transmet. D’ailleurs, dans le langage courant on utilise un vocabulaire lié à la nourriture : dévorer des livres, avaler des mots…

La nourriture peut s’appréhender comme un vecteur social, culturel, convivial qui va forger les manières et les lois de la table. L’acte de manger n’est pas un acte anodin, il nous engage globalement tant sur le plan physique, métabolique, que sur le plan émotionnel.

La bouche, est l’organe premier dans l’acte ingestif. En nutrition, il existe des clés pour soumettre l’oralité à d’autres sens plus distanciés de la matière, qui sont l’odorat et la vue. Le but étant de prendre un recul suffisant avant de manger pour donner une intentionnalité, un sens à cet acte. L’homme est un être culturel qui va transformer.

 

 

L’approche psychologique de l’acte de manger.

 

Il s’agit de donner une dimension intelligente à l’acte de manger, c’est à dire, choisir de changer de conduites alimentaires et prendre conscience de sa relation avec l’aliment. Celui-ci doit être un « ami » qui nous aide à « devenir » et non un objet d’esclavagisme moral que l’on utilise à tort pour remplir un vide qui est d’une autre nature.

Dans ces deux approches, le « bien manger » ou le « manger bien » sous-entend une intentionnalité de l’acte tendu d’une part vers une construction psychologique et physique et d’autre part tendu vers des objectifs de santé de performance et de minceur.

Sachant qu’il n’existe pas de pilule ni de régime miracle pour maigrir, mais simplement des comportements humains différents, un questionnement sur soi, est souvent indispensable pour comprendre où se trouvent les blocages.

 

 

 

 

                                                                                       

 

 

Thérapie des troubles du comportement alimentaire.

 

Bien qu’elles soient centrées sur la nourriture l’anorexie et la boulimie ne sont pas des maladies de l’alimentation mais des maladies de l’identité. Ce sont deux manières différentes et cependant semblables de proclamer : 

« Je suis là, j’existe, faites attention à moi. »

On est dans l’essence de l’être qui passe par une reconnaissance.

 

 

ANOREXIE

 

Dans l’anorexie, le corps et la sexualité, souvent, sont de l’ordre de la matière, de la matérialité, source d’encrassement, de salissure, d’impureté desquels on veut se soustraire.

Les troubles de l’image du corps conduisent les personnes souffrant d’anorexie vers une quête d’un idéal de corps désincarné.         

Ce sont les formes féminines qu’il faut faire disparaître. (mère - nourricière)

C’est un idéal de corps comme la recherche d’une matrice originelle.

C’est l’image épurée où seuls persistent l’armature, le squelette, ce qui résiste, ce qu’on peut toucher.

Une enveloppe sur un corps propre, sans recoins où la graisse pourrait se glisser.

Un corps tube, où oralité, analité, génitalité se confondent.

On est là dans un processus de confusion, de mélange, d’androgynie.

C’est l’idéal comme absence « Je voudrais n’être qu’un esprit, mon corps m’encombre. »

Le corps est non représentable, il se veut invisible.

 

L’absence de nourriture ou la restriction drastique sont des moyens pour faire disparaître ce corps matériel.

Dans l’anorexie, la pulsion du pouvoir s’exerce par une domination sur le corps et la nourriture, conduisant à une pseudo sublimation de l’esprit qui aspire toutes les envies.

 

 

BOULIMIE et COMPULSIONS ALIMENTAIRES

 

La boulimie c’est transformer l’aliment en objet d’esclavagisme oral pour remplir un vide qui est d’une autre nature. C’est limmédiateté, la non séparation, l’absence de tri dans une ingestion frénétique chargée de tension et de plaisir qui amène la personne boulimique dans une pseudo jouissance immédiate. On parle « d’orgasme alimentaire »

C’est se remplir pour combler ce vide, cette incomplétude.

Les boulimiques se sentent donc incomplets. Ils ressentent un vide douloureux en eux, un creux, ravivé par toute séparation, toute absence. Pour tenter de combler ce manque à être, ils se remplissent de tout ce qui leur tombe sous la main.

Les conséquences en sont terribles : le manque à être de l’individu se trouve ainsi révélé devenant visible sous forme de rondeurs. L’installation de l’adiposité est comprise comme une manifestation visible d’une faille, de la faiblesse de caractère. Comment s’y résoudre ? Mais, après tout, cette incomplétude n’est peut-être rien d’autre que ce qu’on appelle communément la condition humaine. Les sociétés occidentales se caractérisent essentiellement par le type de solution proposée afin de pallier cette souffrance, cette incomplétude : la consommation de masse.C’est en cela que nous sommes tous peu ou prou des boulimiques. Le consumérisme apparaît comme un remède simple, immédiat, donc illusoire pour faire face au vide existentiel.

 

LES TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE.

 

Jusqu’à il y a peu, par troubles du comportement alimentaire, on entendait boulimie ou anorexie. Cette définition a été élargie aux compulsions avec perte de contrôle. Ce symptôme est devenu de plus en plus fréquent chez les femmes actives. Pour beaucoup d’auteurs, cette impulsivité de l’acte correspondrait, sur le plan neurophysiologique à un lâcher- prise lié à une chute, voire un effondrement du taux de sérotonine. La sérotonine est un neuromédiateur incriminé dans les troubles du comportement alimentaire, les troubles du sommeil, l’impulsivité, la difficulté à supporter la contrariété, l’impatience, l’hyper sensibilité, l’hyper vulnérabilité au stress, les connotations dépressives.

 

 

 

 

 

D’où vient ce besoin de manger, souvent sans faim ?


C’est une histoire ancienne. Le bébé qui a connu, dans le ventre de sa mère, une ambiance feutrée, une température agréable, a aussi été nourri de façon régulière sans jamais ressentir ni faim ni frustration. Lorsqu’il naît, il se trouve confronté au bruit, au froid, aux manques. C’est avec un biberon que ses besoins seront calmés (provisoirement) Il ne l’oubliera pas. Devenu grand, il aura à vivre des soucis quotidiens qui vont réveiller des angoisses anciennes. Manger est, dans ce cas, un mécanisme de défense pour tenter de faire taire nos angoisses.

Comment se vit la boulimie ?

La préoccupation constante de leur poids amène certaines personnes à éliminer par tous les moyens possibles l’excès de calories ingérées. Certaines se font systématiquement vomir après chaque épisode de compulsion alimentaire, d’autres utilisent des laxatifs ou des diurétiques; à cela s’ajoute souvent l’utilisation de coupe-faim et la pratique d’exercices physiques compulsifs, sans oublier les différents régimes successifs et souvent anarchiques ou l’orthorexie qui consiste en une hyper gestion des calories ingérées.

Ces comportements sont souvent vécus dans une grande solitude à laquelle s’ajoute une anxiété d’être découverte et d’avoir à affronter le jugement des autres. Un sentiment de honte empêche souvent ces personnes de parler de leurs difficultés à qui que ce soit et ce, souvent pendant des années, ce qui les amène parfois à un retrait ou à un isolement des activités normales.La peur de prendre du poids peut devenir alors une obsession mais, quoi qu’il en soit, leur image corporelle est généralement très perturbée, voire inexistante.

Quelles approches thérapeutiques ?

On ne peut pas parler d’un traitement universel qui serait efficace dans tous les cas de boulimie. Il est important d’adapter à chaque individu, selon sa personnalité et en fonction de l’historique de son trouble, une approche thérapeutique qui lui correspond.

D’autre part, il est indispensable que la demande soit claire et que l’on puisse sentir un vrai désir d’entreprendre une démarche qui peut s’avérer longue et difficile.Tout suivi en psychothérapie peut alors être entrepris sous forme individuelle ou en groupe. Il s’agit alors de comprendre puis d’intégrer et d’apprendre à gérer les causes fondamentales du problème.

Au cours de l’avancée du travail thérapeutique, l’allègement du poids des angoisses souvent très anciennes, s’exprimera, au quotidien, par un mieux être et par une diminution sensible du besoin de se remplir.

Un suivi nutritionnel donnera des repères complémentaires à une progression de la psychothérapie; à l’inverse, l’avancée dans la compréhension de ce qui se vit permettra à la personne de trouver des ressources pour mieux gérer sa nourriture au quotidien             (Martine Schalik   Psychothérapeute 2007 )